Pourquoi le téléchargement illégal reste une valeur sure aux yeux de beaucoup d’internautes ? 2


Alors que l’offre légale s’est énormément développée​ aujourd’hui. Beaucoup d’internautes utilisent encore le téléchargement illégal. L’accès aux œuvres culturelles est encore assez compliqué alors que nous vivons dans une ère où le dématérialisé règne en maître. Tout le monde n’a pas le souhait d’acheter les DVD ou Blu-Ray et préfère camper sur un service de SVOD au chaud sur leur canapé. Tandis que d’autres préféreront rester sur des sites de streaming et de téléchargement illégal.

Téléchargement illégal : une préférence pour beaucoup d’internautes

Nous vivons dans une époque où il est possible de consulter tous les biens culturels ou presque depuis un service de streaming comme Deezer, Spotify, Netflix ou encore Canaplay. J’ai bien dit « presque tous » car les services liés à la musique dispose d’un catalogue très riche la plupart du temps. Qui conviendra à une grande majorité du public. Là où dans la vidéo de nombreuses restrictions légales ou commerciales peuvent devenir une véritable embûche. Pouvant engendrer une certaine forme de frustration chez l’abonné de ne pas avoir accès à toutes les œuvres culturelles qu’il désirait consulter. Pendant ce temps, les ayants droits préfèrent jouer à la chasse aux sorcières en demandant la fermeture de sites comme Zone Téléchargement ou le blocage DNS de T411. Une véritable hérésie.

 

Ce petit jeu du chat et de la souris ne sert à rien. Pourtant, depuis l’apparition de Napster il y a de cela une vingtaine d’années. Les choses n’ont pas évolué dans les mentalités de ces collectifs qui disent protéger les auteurs et autres compositeurs. Préférant jouer la carte judiciaire, plutôt que de se mettre à l’écoute des revendications des internautes. Pourtant il suffirait de pas grand chose pour pouvoir trouver des solutions qui pourrait satisfaire tout le monde.

Vidéo

 

Le point sur l’offre légale

Aujourd’hui il est possible de passer par un service de SVOD (sucriber video on demand ou vidéo à la demande par abonnement). Vous payez une somme qui la plupart du temps tourne aux alentours de 10 euros par mois. Elle vous donne accès à tout un catalogue de vidéos, séries, films ou documentaires​. Dont vous avez accès en illimité tant que vous avez l’abonnement au service. L’accès est possible sur plusieurs terminaux, en général. Comme un PC, une box, une tablette et bien entendu un smartphone. Le tout est directement disponible en streaming, un flux vidéo en lecture continu.

Le marché mondial est dominé en majorité par l’américain Netflix. Ce dernier a fait ses débuts dans la location de VHS / DVD. On peut dire que la société a su vivre avec son temps en amorçant correctement le virage du numérique. La firme a une réputation solide et arrive à recruter massivement de nouveaux abonnés et à les fidéliser. Notamment à l’aide d’outils comme un algorithme de recommandation qui apprend de nous. Tandis que Netflix mise sur des nouveautés qui aide l’abonné à visionner ses séries sans être interrompu par les génériques ou les récapitulatifs. Favorisant ainsi le Binge Watching, le visionnage en continu ou en rafal. Le géant américain n’est pas le seul, on peut notamment citer le français Canalplay ou encore OCS. Néanmoins, bien que particulièrement attrayante, ces offres ont de gros défauts majeurs.

La chronologie des médias, le boulet

En France, le secteur de l’audiovisuel ne permet pas de faire n’importe quoi en matière d’exploitation d’un bien culturel. Ainsi, lorsque le Visa d’exploitation est accordé pour un film, le jour de sa sortie en salle sera utilisé pour mettre en place un délai de diffusion sur les différents canaux de distribution.

Ainsi, il faut attendre 4 mois après la sortie en salle pour qu’un film puisse se vendre sur un support physique DVD / Blu-Ray ou en paiement à l’acte via la VOD. Ensuite, 10 mois pour le retrouver sur une chaîne de TV payante ayant signé un accord avec les organisations du cinéma. 12 mois pour une chaîne payante liée​ au cinéma. 22 mois sur une chaîne de TV payante qui n’est pas lié au cinéma, mais qui soit co-productrice du film en question. 30 mois sur une chaîne de TV payante quelconque. Au bout de 36 mois le film pourra être disponible sur un service de SVOD. Et enfin, après 48 mois le film pourra être mis à disposition en vidéo à la demande gratuite.

 

Un chemin de croix diront sans doute certains. Il est impossible de transgresser la plupart de ces règles. Le CNC, disposant de peu de marge de manœuvre. Lorsque un film rencontre un succès mitigé, ses producteurs peuvent espérer disposé d’une dérogation leur permettant de mettre le film en vente sur DVD ou Blu-Ray avec 4 semaines d’avance. Autant dire que la législation en vigueur n’offre pour ainsi dire aucune souplesse. Aux USA, les règles sont différentes, ce sont les nombreux intervenants de la chaîne qui fixent​ les règles en la matière. Les producteurs ne sont ainsi pas contraints à un régime strict.

La souplesse du téléchargement illégal

Le téléchargement illégal n’est régit par aucune règle. C’est d’ailleurs ce qui fait sa force vis à vis de l’offre légale. Avec le temps, les pirates se sont d’ailleurs trouvés​ certaines armes redoutables pour ne pas tomber dans les filets de la HADOPI. On peut par exemple citer les seedbox. Ce sont des serveurs de téléchargement utilisés le plus souvent avec le protocole BitTorrent. Étant donné les failles juridiques qui n’imposent​ pas aux hébergeurs de divulguer les coordonnées de leurs clients. Les pirates se sentent ainsi protéger et en plus ils peuvent utiliser ses serveurs pour également consulter leurs fichiers en streaming, via Plex ou Kodi entre autre.

Ce n’est pas le seul moyen de se protéger contre les autorités, il y a également des solutions VPN. Certains les utilisent même pour accéder aux catalogues US de Netflix. A cause des contraintes liées à la chronologie des médias. On pourrait penser que les pirates n’ont aucune conscience vis à vis des artistes. C’est loin d’être vrai, nombreux sont ceux qui participent au financement des œuvres culturelles. Sauf que chacun y participera en fonction de ses propres moyens financiers. Dans un monde où le numérique est synonyme de disponibilité, on peut comprendre que personne ne souhaite attendre. Le téléchargement illégal est la seule proposition qui vaille la peine pour la plupart des gens. Sa gratuité n’étant pas son principal argument, c’est bien la disponibilité des œuvres qui prime avant tout.

Et si on chamboulait la chronologie des médias ?

Pourquoi ne pas imiter le modèle US ? Afin de mieux répondre aux attentes de la grande majorité des internautes. Le téléchargement illégal s’en trouverait diminué et ainsi les plateformes comme Netflix et Canalplay pourraient disposer d’un argument commercial indéniable. La fameuse disponibilité. Toutefois, j’émets de sérieuses réserves étant donné que la classe politique et les différents acteurs du cinéma n’y paraissent pas favorables​. Pour cause, cette petite révolution mettrait à mal le cinéma dans son ensemble. Toutefois, toute révolution à ses conséquences qui contenterait la majorité. Mais laisserait sur le côté de la route une minorité, en l’occurrence les géants de la distribution.

On se souvient encore des déboires qu’a eu Uber en France lorsque l’entreprise a tenté de rentrer en concurrence frontale avec les taxis. Un exemple flagrant d’un monde qui ne sait pas s’adapter au numérique. Avec les Home Cinéma qui se sont démocratisés durant la dernière décennie. Sans oublier les écrans de nos TV qui se sont largement améliorés en nous proposant des diagonales et des définitions toujours plus élevées. Ne serait-il pas temps de changer notre mode de consommation ? Pour tendre vers quelque chose de plus moderne. La question se pose. Sans oublier la réalité virtuelle qui peut littéralement nous plonger dans une salle de cinéma.

Crédit photo : pixabay

créateur, développeur et rédacteur en chef de Y-News.info. Passionné par le numérique et adepte de la saga mythique Star Wars, je transmets mon péché mignon en vidéos sur ma chaîne YouTube.